Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique ?

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ellipse
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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

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lobat a écrit :
* prenez "Global Village", par exemple, et on en reparlera...
Global Village (avec Barre Philipps à la contrebasse) ne fera en aucun cas avancer l'instrument :D , la batterie, en l'occurrence.
Il le fera avancer, à mon sens, en induisant des possibilités de perspectives nouvelles eu égard au mode spécifique qu'il propose...

lobat a écrit : lorsque j'ai évoqué le terme "'évolution" (invention et innovation correspondent aujourd'hui plus à des critères technologiques) pour évoquer des batteurs qui vont "évoluer" la batterie (dans sa forme jouée à quatre membres).
Partant de là, d'accord avec toi, Global Village est dans un tout autre registre... mais il peut inspirer, sous d'autres formes, des jeux à quatre membres, tel celui-ci développé -entre autres évidemment- par Didier Lasserre.

lobat a écrit : Chris Dave, par exemple au sein du trio de Robert Glasper ou dans les vidéos ci-dessous, fait réellement "avancer" le travail rythmique en partant du lègue des machines pour transcender une pulsation en lui conférant une élasticité rythmique...
C'est vrai, son travail rythmique est évidemment novateur... mais un regard sur les musiques expérimentales me semble inspirer le même constat.

lobat a écrit :Depuis, les cymbales et tambours ont subit toutes sortes de traitements bruitistes et (sans offenser ellipse) mon propos était de mettre en avant des batteurs géniaux qui marquent et resteront dans l'histoire de l'évolution de notre instrument.
Tu ne m'offenses nullement :wink:

Mais qu'est-ce que le génie ? Est-il réductible à la seule originalité ? Ne peut-on associer le mot à l'expression virtuose demeurant musicale ? Et au fond, qu'y a t-il de génial dans l'originalité ?
lobat a écrit :Chris Dave (et beaucoup d'autres batteurs révolutionnaires qui resteront par une trace indélébile car profonde) qui a commencé avec un trio de jazz et joue aujourd'hui avec The Roots ou D'Angelo (entre autres) fait réellement partie des créateurs, avec une approche rythmique, sonore (kit à plusieurs caisses claires) dont on parlera encore dans un bout de temps, avec une influence marquante et déjà visible et palpable dans le monde de la batterie moderne, sans qu'il s'agisse uniquement de technique, mais bel et bien de musique...
Certainement.

lobat a écrit :Chris "Daddy" Dave en action... la preuve que l'homme peut aller bien plus loin que la machine ;-)
Ce n'est pas une preuve, pour ma part... la machine ira toujours plus vite, aura toujours plus d'indépendance que n'importe quel musicien... tout dépendra de sa programmation !

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Dream Drummer
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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

Message par Dream Drummer »

ellipse a écrit :
lobat a écrit :Chris "Daddy" Dave en action... la preuve que l'homme peut aller bien plus loin que la machine ;-)
Ce n'est pas une preuve, pour ma part... la machine ira toujours plus vite, aura toujours plus d'indépendance que n'importe quel musicien... tout dépendra de sa programmation !
Mouais, le jour où la machine programmera le batteur on en reparle ? :P La machine n'a pas (pour l'instant) d'âme créatrice et doit être, comme tu l'as souligné, programmée. Elle fait ce qu'on lui dit de faire, quoi.

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ellipse
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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

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Dream Drummer a écrit :
ellipse a écrit :
lobat a écrit :Chris "Daddy" Dave en action... la preuve que l'homme peut aller bien plus loin que la machine ;-)
Ce n'est pas une preuve, pour ma part... la machine ira toujours plus vite, aura toujours plus d'indépendance que n'importe quel musicien... tout dépendra de sa programmation !
Mouais, le jour où la machine programmera le batteur on en reparle ? :P La machine n'a pas (pour l'instant) d'âme créatrice et doit être, comme tu l'as souligné, programmée. Elle fait ce qu'on lui dit de faire, quoi.
Tout à fait. C'est en ce sens que le batteur ne pourra jamais la surpasser techniquement. Elle aura toujours plus de vélocité, d'indépendance, etc... eu égard au programme dont on l'aura affectée.

Tout autre est le problème que tu évoques et qui implique le phénomène de créativité, définitivement irréductible à la machine et qui en fait, ne se pose même pas : quand même concevrait-on un outil de programmation bâtissant de lui-même une architecture batteuristique (puisque c'est de batterie que nous parlons) fondé sur un système de réactions spécifiques à une ambiance sonore (que celle-ci réclame une structure rythmique ou non) faudrait-il déduire sa créativité du père de l'outil en question, éminemment humain...

...il n'y aura jamais à mettre en concurrence l'homme -ici le batteur- et la machine, chacun répondant à des normes d'applications incomparables. La machine saura toujours se substituer aux limites quantitatives du musicien, ce dernier a ceci de supérieur à celle-là qu'il possède cette "âme créatrice" que tu as raison de mentionner et dont elle ne saurait être dotée.

Il y a cependant, au fond, de l'humanité dans la machine pour ce qu'elle procède de celui qui l'a créée ; elle est une trace, une empreinte, une imprégnation d'être d'un être qu'elle n'est pas mais dont, à juste titre, elle peut se réclamer.

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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

Message par lobat »

Je reviens en 2 secondes (journée chargée) :-) sur le jazz qui offre au batteur de "soutenir" le soliste et d'agir en intéraction constante avec chacun des membres de l'orchestre.
Depuis les années 1940, le batteur se nourrit donc du soliste en s'inspirant de phrases rythmiques (et mélodiques) non écrites (à l'inverse de la fusion, du rock progressif ou du hard), jouées par de véritables novateurs (je vous fais grâce de la liste) et c'est cette créativité sans cesse renouvelée (dans le meilleur des cas, car je parle d'un niveau très élevé) qui m'a fait tenir ces propos certes un peu subjectifs, puisque je suis moi-même jazzman.

La machine ne peut réagir sur l'instant, elle ne fait que dérouler un texte programmé et quantifié par des musiciens qui n'ont parfois jamais touché une batterie, et pour waxtao qui assurait que la créativité passait désormais par la machine, je me permets d'insister sur cet aspect d'extrême maturité qui offre au batteur de jazz (et désormais de hip hop, le crossover étant de plus en plus évident entre ces deux musiques depuis l'acid jazz des années 1990) la possibilité d'aller toujours plus avant dans l'élasticité du rythme, la qualité de la frappe, le traitement du son acoustique (je souligne ce dernier mot) avant qu'il soit traité par d'éventuels capteurs, et la complexité des métriques interprétées...
La complexité n'étant pas forcément synonyme de créativité (of course), mais je vois en tout cas dans la démarche des batteurs de jazz actuels (y compris Benny Greb ou Jojo Mayer qui connaissent cette musique) une volonté de connaître toute l'évolution de l'instrument (tâche à laquelle les batteurs devraient tous s'atteler) et un travail visant à emmener le discours toujours plus loin en restant dans les traces laissées par les maîtres (tous styles confondus). A l'inverse des batteurs qui privilégient la vitesse des mains et des pieds (avec un son souvent pourri, il faut bien le dire) ;-), la démarche de ceux qui, désormais inspirés par les voies empruntées par la machine (tempo parfait, sons trafiqués, frappe chirurgicale, rapidité des coups enchaînés, indépendance poussée à outrance...) inspirent à leur tour les programmateurs, m'intéressent au plus haut point.
Deux remarques résumées :
Même si Questlove nous a tous scotchés, je ne vois pas grand intérêt de jouer exactement comme une machine avec un backbeat simple et aucune fioriture, puisque la machine le fait déjà si bien !
Je ne vois pas la musique de "Global Village" ou de qui que ce soit en France (je ne connais pas Didier Lasserre) influencer la musique sur un plan international, or ce que font aujourd'hui Chris Dave, Brian Blade, Marcus Gilmore, Tyshawn Sorey ou Ari Hoenig sont repris de façon unanime par des batteurs du monde entier, et pas forcément par des jazzmen...

Mais je conçois, surtout pour ceux que cette musique ne touche pas, que d'autres trouvent de la créativité ailleurs... ce qui m'embête au fil de ces dix pages nourries de posts globalement assez intéressants, c'est que j'attends toujours que l'on me cite des noms de batteurs créateurs ayant depuis 2000 remué le terreau de la batterie moderne ;-)
Par exemple, même si j'adore Dave Grohl, rien de nouveau depuis Bonham ou Keith Moon...

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Capitaine Caverne
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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

Message par Capitaine Caverne »

Mais est-ce qu'on a besoin de ça ? A-t-on musicalement besoin de révolutionner les codes d'un instrument systématiquement ?

Évoluer et nourrir oui, mais "remuer le terreau de la batterie moderne", personnellement je m'en contrefiche.

Vois ce que font les maliens avec un bout de bois et une peau d'animal mort depuis des siècles : la même chose. Vois comment ça accompagne la vie et comment ça a évolué avec les flux migratoires (forcés) : un monde.

D'ailleurs, quand on y pense, entre le premier gars qui a posé son cul derrière des fûts et Jojo Mayer quelle est la différence ? Musicalement, intrinsèquement et sociologiquement : aucune.

Ou alors, oui, parlons, flataramacue inversés, accord de 13sus5b7, indépendance, coordination, polyrythmie, parlons du grand novateur qui a mis son tom à gauche, de celui qui les a mis dans le désordre, tout ce qu'on veut, mais ça c'est de la petite cuisine interne qui n'intéresse que les batteurs, je vois pas le rapport avec l'essence de la musique et ce qu'on en fait : exprimer et divertir.

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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

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lobat a écrit : je me permets d'insister sur cet aspect d'extrême maturité qui offre au batteur de jazz (et désormais de hip hop, le crossover étant de plus en plus évident entre ces deux musiques depuis l'acid jazz des années 1990) la possibilité d'aller toujours plus avant dans l'élasticité du rythme, la qualité de la frappe, le traitement du son acoustique (je souligne ce dernier mot) avant qu'il soit traité par d'éventuels capteurs, et la complexité des métriques interprétées...
Démarche que je comprends, que je ne partage cependant pas.
lobat a écrit :A l'inverse des batteurs qui privilégient la vitesse des mains et des pieds (avec un son souvent pourri, il faut bien le dire) ;-), la démarche de ceux qui, désormais inspirés par les voies empruntées par la machine (tempo parfait, sons trafiqués, frappe chirurgicale, rapidité des coups enchaînés, indépendance poussée à outrance...) inspirent à leur tour les programmateurs, m'intéressent au plus haut point.
Pas réceptif non plus, mais ça n'engage que moi.
lobat a écrit : Je ne vois pas la musique de "Global Village" ou de qui que ce soit en France (je ne connais pas Didier Lasserre) influencer la musique sur un plan international, or ce que font aujourd'hui Chris Dave, Brian Blade, Marcus Gilmore, Tyshawn Sorey ou Ari Hoenig sont repris de façon unanime par des batteurs du monde entier, et pas forcément par des jazzmen...
Evidemment, "G.Village" ne risquera pas d'influencer la batterie moderne... Même chose pour D. Lasserre, à mon sens... mais le style est évidemment hors cadre.
Capitaine Caverne a écrit : Mais est-ce qu'on a besoin de ça ? A-t-on musicalement besoin de révolutionner les codes d'un instrument systématiquement ?
C'est une quête qui n'engage que celui qui a envie de l'initier. Ce n'est en tout cas pas la mienne.
Capitaine Caverne a écrit :Évoluer et nourrir oui, mais "remuer le terreau de la batterie moderne", personnellement je m'en contrefiche.
Et encore ! Je n'ai pas envie, pour ma part, d'évoluer spécialement : mon jeu s'identifie à ce que je suis au moment où je le suis. Je ne chercherai donc pas à l'habiller par principe...
Capitaine Caverne a écrit :Ou alors, oui, parlons, flataramacue inversés, accord de 13sus5b7, indépendance, coordination, polyrythmie, parlons du grand novateur qui a mis son tom à gauche, de celui qui les a mis dans le désordre, tout ce qu'on veut, mais ça c'est de la petite cuisine interne qui n'intéresse que les batteurs, je vois pas le rapport avec l'essence de la musique et ce qu'on en fait : exprimer et divertir.
Je dirai dans le cas de mon duo : s'exprimer et se divertir. La différence est de taille. Mais c'est le style qui veut ça.

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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

Message par lobat »

Ou alors, oui, parlons, flataramacue inversés, accord de 13sus5b7, indépendance, coordination, polyrythmie, parlons du grand novateur qui a mis son tom à gauche, de celui qui les a mis dans le désordre, tout ce qu'on veut, mais ça c'est de la petite cuisine interne qui n'intéresse que les batteurs, je vois pas le rapport avec l'essence de la musique et ce qu'on en fait : exprimer et divertir.
Déjà les accords n'intéressent pas tous les batteurs ;-) et le 13sus 5 b7, perso, je connais pas ! Je connais le sus4 (dans un accord de 7e, on omet la tièrce et on met une quarte à la place), je connais les accords avec une 13e bémol (inspirés des compositeurs du 20e siècle et transcendés, en jazz, par Lester Young et tous les suiveurs) et pour moi, ce n'est pas de la cuisine interne.
La musique classique, justement, a évolué et il me semblerait réducteur de dire qu'entre le premier mec qui a crée une mélodie et JS Bach, il ne s'est rien passé, puis de Bach à Ravel ou Messiaen et ainsi de suite...
Ensuite, si tu es autre chose qu'un batteur, c'est cool, mais il me semble qu'ici on parle de musique et pour avoir parlé à de nombreux grands musiciens (et interviewé certains), je peux affirmer que l'évolution de la batterie intéresse ET influence de nombreux compositeurs et instrumentistes, qui expriment, divertissent, certes, mais s'inscrivent toujours dans un mode d'expression relié à des références fatalement liées à une évolution.
Ma définition de l'évolution sur un instrument : un instrumentiste proposant un langage tellement profond et abouti qu'il se trouve adopté par le plus grand nombre.
Steve Gadd a définitivement fait avancer l'instrument.
Ringo, à sa manière, par l'intermédiaire de la popularité des Beatles et de la qualité de ses parties de batterie, a fait avancer l'instrument...
D'autres continuent ! Pourquoi ne pas l'admettre ?

Seuls ceux qui ont peur de cette évolution (peut-être parce qu'ils ne sont pas éduqués, ce qui ne présente aucun problème de mon point de vue) et préfèrent se réfugier derrière des trucs du genre "De toute façon, la musique ne sert qu'à divertir", où n'ont tout simplement pas conscience de cette "soit disant" évolution (je pense à un très beau film où des blancs sont allés au fin fond de l'Amazonie montrer des images de La Callas, de Zinedine Zidane et autres, à des Indigènes qui désirent rester avec leur tradition sans s'occuper d'une évolution dont le film démontre d'ailleurs tous les aspects pervers) pourront rester dans leur "caverne" et se passer de tout changement (cf le fameux "mythe de la caverne" exposé par Platon).
La où je te rejoins, Captain Cavern, c'est que l'on n'a pas "besoin" de cette évolution... Elle se fait inexorablement, sans nous. C'est comme ça, c'est tout. Après, libre à chacun de trouver si elle est importante, fondamentale, inutile ou si même elle existe en tant que telle.

Quant à cet argument
D'ailleurs, quand on y pense, entre le premier gars qui a posé son cul derrière des fûts et Jojo Mayer quelle est la différence ? Musicalement, intrinsèquement et sociologiquement : aucune.
, il me paraît un peu simpliste, voire pas du tout argumenté, désolé...
Lorsque l'on connaît un minimum l'évolution de notre instrument, on sait tout le temps que la batterie a mis à prendre forme (30 ans pour arriver au kit de base), sans parler de l'évolution qui l'a amenée à sa forme actuelle.

Et je trouve celui d'Ellipse carrément prétentieux (encore désolé) ;-)
Et encore ! Je n'ai pas envie, pour ma part, d'évoluer spécialement : mon jeu s'identifie à ce que je suis au moment où je le suis. Je ne chercherai donc pas à l'habiller par principe...
Mais qui parle de vous ? Qui se soucie d'un batteur lambda ?
Je parle de gens d'un niveau de créativité telle, justement, qu'ils ne se posent pas la question. Ils sont nés pour jouer, composer et créer !... (si vous ramenez tout à vous, je ne peux que m'incliner), comme les compositeurs de musique classique ont également apporté leur pierre, Coltrane la sienne, Stevie Wonder et Zappa la leur, John Lennon, Monk, Ellington, Hendrix...

Je ne parle pas à un niveau d'interprète et de petit batteur de Paris, de province (ou d'ailleurs) et même étant jazzman, je ne m'inclus certainement pas dans le lot des créateurs.
En rock, hard rock, variété internationale, funk et autres, je cherche (et ne trouve pas), des batteurs qui, en 2012, font avancer l'instrument comme Jo Jones l'a fait avancer (il mettait déjà en 1950, un tom basse à sa gauche ET à sa droite), et a développé le concept de la cymbale ride !
Si cela ne revêt aucune importance à vos yeux (et vos oreilles) alors n'ouvrez même pas ce topic !

Quant aux Maliens que j'ai approché récemment lors d'une tournée :
1 : ils sont loin de faire toujours la même chose en "tapant sur une peau de chèvre", beaucoup d'entre eux aspirent aussi à progresser et jouer de la musique "moderne". Je le sais, il me l'ont dit. Et n'étant pas aidés par des profs ni exposés à un environnement propice à l'évolution (à l'inverse de NY par exemple), ils évoluent différemment, et plus lentement.
Mais il y a une évolution. Disons que leurs références musicales se situent actuellement dans le milieu des années 1980. Miles Davis électrique et toute la fusion qu'ils commencent à aborder et à digérer.
2 : ils seraient vexés de cet argument qui consiste à dire qu'ils ne savent faire que taper avec un bout de bois sur une peau !

Et nous, en France, on a toujours une quinzaine d'années de retard, le temps de digérer les trouvailles initiées par les musiciens d'Outre Atlantique, ou d'Inde et d'ailleurs.
Certes le batteur d'Aka Moon (Belgique) est monstrueux, et a été chercher des rythmes complexes chez les Pygmées, mais le saxophoniste Steve Coleman et ses 5 Elements avait déjà presque tout dit en 1990 !
Bref, mon point de vue semble trop compliqué à expliquer.

Je me place en tant qu'essayiste (j'écris modestement pour des revues spécialisées) et intervenant dans les facs de musicologie (de futurs profs ou musiciens pour lesquels l'analyse de l'évolution des toutes les musiques reste fondamentale) et surtout en tant qu'enseignant, et je n'essaye de convaincre personne sur ce site tout de même destiné à des batteurs... ou alors, me trompe-je ?

J'essaye juste d'ouvrir les yeux à ceux qui pourraient parfois avoir tendance à rester dans leur caverne ;-) si vaste soit elle. Et je cherche moi-même à sortir de la mienne le plus souvent possible en me préparant toujours à recevoir une gifle sur un sujet que je ne connais pas. Et j'en ai pris quelques-unes. Mais j'attends de ceux qui font machine arrière ou qui affirment que la création ne sert à rien, d'avancer ici de vrais arguments contradictoires ? :roll:
En argumentant et en donnant des noms si possible.
Pas en remettant en question la question même de la création, ou de l'évolution... Perso, même si je prends plaisir à écrire sur le sujet, je suis batteur professionnel, pas philosophe.

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ellipse
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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

Message par ellipse »

lobat a écrit : Et je trouve celui d'Ellipse carrément prétentieux (encore désolé) ;-)
Et encore ! Je n'ai pas envie, pour ma part, d'évoluer spécialement : mon jeu s'identifie à ce que je suis au moment où je le suis. Je ne chercherai donc pas à l'habiller par principe...
Mais qui parle de vous ? Qui se soucie d'un batteur lambda ?
Je parle de gens d'un niveau de créativité telle, justement, qu'ils ne se posent pas la question. Ils sont nés pour jouer, composer et créer !... (si vous ramenez tout à vous, je ne peux que m'incliner), comme les compositeurs de musique classique ont également apporté leur pierre, Coltrane la sienne, Stevie Wonder et Zappa la leur, John Lennon, Monk, Ellington, Hendrix...
Je ne parle que d'une vision qui n'engage que mon exemple personnel, si anonyme soit-il ! Sans prétention aucune, ou si tu préfères, en toute humilité.

lobat a écrit : J'essaye juste d'ouvrir les yeux à ceux qui pourraient parfois avoir tendance à rester dans leur caverne ;-) si vaste soit elle. Et je cherche moi-même à sortir de la mienne le plus souvent possible en me préparant toujours à recevoir une gifle sur un sujet que je ne connais pas. Et j'en ai pris quelques-unes. Mais j'attends de ceux qui font machine arrière ou qui affirment que la création ne sert à rien d'avancer de vrais arguments contradictoires ? :roll:
Qui donc fait machine arrière ? Qui affirme que la création ne sert à rien ? Pour ma part, chacun existe la musique tel qu'il l'entend ; je respecte ta sensibilité, tes aspirations et tes perspectives : elles ne sont pas les miennes, voilà tout.

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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

Message par Capitaine Caverne »

Désolé Lobat mais tu n'as pas compris ce que j'exprimai, et je n'ai pas le temps malheureusement de développer par du verbiage.

Quand je parle des maliens par exemple, je leur rends hommage en insinuant que d'un rien découle un monde, peux pas faire mieux...pas la peine de me sortir toute l'histoire de la musique ou des mansas.

D'ailleurs, je cours, entre deux sessions avec un orchestre national je dois caser une répète rock, la finalisation d'une tournée avec mon spectacle "vivant" et accessoirement la direction d'un conservatoire !
Désolé également pour mon manque de culture qui ne me permet pas d'apprécier tes propos, je n'ai que quelques dizaines d'années de pratique et d'étude de quelques objets que l'on frappe...

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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

Message par lobat »

Je ne parle que d'une vision qui n'engage que mon exemple personnel, si anonyme soit-il ! Sans prétention aucune, ou si tu préfères, en toute humilité.
Oui, Ellipse, j'ai bien compris, mais il s'agit ici de voir un peu plus loin que notre expérience personnelle...
Qui donc fait machine arrière ? Qui affirme que la création ne sert à rien ?
J'avais cru lire dans les propos de Captain Caverne que
Mais est-ce qu'on a besoin de ça ? A-t-on musicalement besoin de révolutionner les codes d'un instrument systématiquement ?

Évoluer et nourrir oui, mais "remuer le terreau de la batterie moderne", personnellement je m'en contrefiche.
CQFD
D'ailleurs, je cours, entre deux sessions avec un orchestre national je dois caser une répète rock, la finalisation d'une tournée avec mon spectacle "vivant" et accessoirement la direction d'un conservatoire !
Désolé également pour mon manque de culture qui ne me permet pas d'apprécier tes propos, je n'ai que quelques dizaines d'années de pratique et d'étude de quelques objets que l'on frappe...
Dommage pour un musicien qui touche à tant de domaines de tenir des propos aussi réactionnaires...

D'ailleurs, dans ton conservatoire, on conserve bien, y enseigne-t-on seulement la batterie ?
remuer le terreau de la batterie moderne, je m'en contrefiche
et si j'ai bien compris tu enseignes aussi la sociologie :
D'ailleurs, quand on y pense, entre le premier gars qui a posé son cul derrière des fûts et Jojo Mayer quelle est la différence ? Musicalement, intrinsèquement et sociologiquement : aucune.
Mais plus sérieusement, ce qui me fait un peu peur, c'est ton accord de 13sus5b7, il faudra que tu me le joues un de ces jours ! Ça doit être super moderne...
Quant au flataramacue, c'est un rudiment que je n'ai encore jamais vu, ni dans les ouvrages Napoléoniens, ni dans la liste des rudiments américains :D
Mais ça doit sonner super aussi.

Finalement, peut-être qu'en jouant du classique et du rock tout en assurant en spectacle vivant, tu fais partie de la race des novateurs... Ou alors des touche à tout et bon à tout. Ça existe !
ça c'est de la petite cuisine interne qui n'intéresse que les batteurs, je vois pas le rapport avec l'essence de la musique et ce qu'on en fait : exprimer et divertir.
En tout cas, bravo pour cette petite pique,
Désolé également pour mon manque de culture qui ne me permet pas d'apprécier tes propos, je n'ai que quelques dizaines d'années de pratique et d'étude de quelques objets que l'on frappe...
Et pour celle-là aussi, elles m'ont bien remis à ma place de mec qui ne joue que de la batterie et qui ne dirige rien du tout :cocktail:

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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

Message par pento »

Sans rentrer dans le débat tout à fait , je préfère très très Largement ?UEST LOVE :
au niveau du son , de l'attitude , du look , du feelin' ,de la prestance bref du GROOVE
au sens large du terme !
ce qui est véhiculé au niveau émotion chez thompson est à des années lumière de chris dave
à mon avis et c'est très certainement le grand Batteur , la grande star dans le style qui restera
et sera cité en référence dans les années à venir ...
celui qui aura concurrencé les machines sur leurs propres terrains !
le coeur de the roots le plus grand groupe de hip hop (et beaucoup plus) de tous les temps :wink:

chris dave (à juste titre ou non ) n'aura à mon avis que le rang de batteur adulé par les batteurs !
j'aime bien chris dave , mais quel autiste !

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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

Message par Capitaine Caverne »

Lobat, tu devrais apprendre à discerner le premier du second degré.

Dans mon conservatoire, qui s'appelle comme ça parce qu'on l'appelle comme ça, on enseigne toutes les musiques : classiques, amplifiées et traditionnelles. Et on conserve un sain recul sur la pratique de la musique.

Tiens lundi on ira jouer du steel drum et de la clarinette à la bibliothèque municipale, j'en profiterai pour me demander si l'on innove correctement...

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ellipse
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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

Message par ellipse »

lobat a écrit :
Je ne parle que d'une vision qui n'engage que mon exemple personnel, si anonyme soit-il ! Sans prétention aucune, ou si tu préfères, en toute humilité.
Oui, Ellipse, j'ai bien compris, mais il s'agit ici de voir un peu plus loin que notre expérience personnelle...
Tu parles de musique, et, spécialement, de créativité, d'évolution... je suis musicien, mon expérience personnelle, si périphérique soit-elle, s'implique logiquement dans ces concepts de créativité et d'évolution ; j'ai donc une vision esthétique que je peux partager. Ce que je fais ici.

lobat a écrit :
Qui donc fait machine arrière ? Qui affirme que la création ne sert à rien ?
J'avais cru lire dans les propos de Captain Caverne que
Mais est-ce qu'on a besoin de ça ? A-t-on musicalement besoin de révolutionner les codes d'un instrument systématiquement ?

Évoluer et nourrir oui, mais "remuer le terreau de la batterie moderne", personnellement je m'en contrefiche.
CQFD
En lisant les propos du Captain, je constate qu'il pose simplement la question du besoin musical de "révolutionner systématiquement les codes d'un instrument" ; également, il ne fait pas "machine arrière", si ce n'est dans ton interprétation de ses mots, tout autant qu'il n'affirme pas non plus que la création ne sert à rien.

Bref...

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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

Message par jbprog »

lobat a écrit :[...] Quant aux Maliens [...] ils seraient vexés de cet argument qui consiste à dire qu'ils ne savent faire que taper avec un bout de bois sur une peau ![...]
Mais c'est l'essence même de cet instrument que nous aimons tous ici (et pratiquons, à divers niveaux) !
Pour ce qui est du Mali : une kora, un balafon, des voies féminines/masculines (et éventuellement une batterie) et je suis souvent client !

Dans la cadre des sciences, l’épistémologie est particulièrement intéressante.

Mais pour ce qui concerne la musique (dont la batterie n'est qu'un élément), la capacité d'innovation/évolution ne doit pas être l'unique critère qui guide le jugement.
Ce qui ne signifie pas se moquer de l'histoire de la musique et de l'instrument.
Et certes le titre de ce topic est bien "Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique".
Mais je pense (et ceci n'est donc que mon avis) qu'il ne faut simplement pas se focaliser là dessus ; ce qui se passe entre musiciens, et avec le public, me semble être de première importance !

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vavou
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Re: Le Jazz, seul cadre d'invention/innovation batteristique

Message par vavou »

bon je me jette deux minutes à l'eau.
en tant qu'ex-responsable de musqiques Z'actuelle, jazz et musique trad dans un conservatoire ( et je revendique le nom, avec sa charge muséale) j'ai eu quelques problématiques à résoudre.

afin d 'ouvrir le débat , je vous narre mes divagations, et en appel à votre sens critique.

Lorsque j'ai rédigé le projet pour ma classe de muZ Ac, j'ai fait porté la mention en réunion qu'un département de musique actuelles devait transmettre un savoir, soit, mais que selon moi, jazz, rock et autres, devait aussi être de la création ( et pas uniquement de la répétition de standards)

Parce ce que c'est bien gentil de transmettre un savoir jouer jazz à papa, rock à Tantine, et funk de l'uncle tom.
Mais quand est ce qu l on jour du jazz moderne,du neuf ..que l'on crée ?
pas facile à organiser dans une école, avec des niveau d'élèves disparate...
Qu'en pensez vous?
comment concilier un cours et son contenu, et comment et à partir de quand, donner de l’autonomie à l'élève en lui donnant les moyens de savoir inventer par lui même ?

j'ai aussi une interrogation concernant les muz'ac.

Lorsque je donne à interpréter une pièce de Beethoven à un élève, il se trouve face à un chef d œuvre. Et il fait ce qu'il peut avec. Mais il goute " de l intérieur une œuvre de musique écrasante d'intelligence, de sensibilité etc..." une pièce musicale écrite de a à z par le maître.

Mais lorsque je propose à mes élèves de rencontrer le travail de Charlie Parker. ils bossent le thème, l'harmo etc... Mais les impro que je fais, et qu'ils font sont très en deça du génie du maitres, et du génie des grtand improvisateur célèbre.
voici donc ma question: en musique dite classique, on touche une œuvre magistrale, en jazz, je fais jouer le thème, mais pour le reste (c'est à dire l'impro, l'arrangement etc...) on ne se retrouve qu'avec le talent de vavou (le prof :mrgreen: ).
Ce qui veut dire qu'en musique classique l'élève est face à la totalité du travail d'un génie, alors qu'en musique z'ac on apprend un concept, puis on doit faire son chemin.
Donc la formation me semble moins nourrissante, parce que je suis beaucoup moins probant que les grand maitres des musique Z ac que j'expose à mes élèves.

qu'en pensez vous? est ce un raisonnement valable d'après vous?
comment faire mieux? autrement?
merci de me réponde, ça m'aidera.
en conclusion, en musique classique on rentre à l’intérieur d’une œuvre géniale, en musique de tradition orale, on approche l’œuvre, mais on reste et nous sommes longtemps très loin de voisiner le génie du créateur que l'on aborde.
qu'en pensez vous ?

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